Concilier les usages du fleuve Rhône en période de tension hydrique
La sécheresse met chaque été un peu plus en lumière l’importance des nombreux usages du Rhône. Production hydroélectrique, navigation fluviale et irrigation des terres agricoles. Ces trois missions historiques de CNR reposent toutes sur une même ressource : l’eau, dont la disponibilité varie désormais plus fortement au fil des ans. Cette conciliation des usages, pensée dès l’origine de la concession, est aujourd’hui mise à l’épreuve par un contexte climatique de plus en plus tendu.
CNR assure donc en continu la gestion de cette ressource en eau afin de maintenir un équilibre essentiel entre les impératifs de production d’électricité bas-carbone, le maintien d’un fleuve navigable pour le transport de marchandises ou le tourisme, et les besoins des agriculteurs.
Si la production hydroélectrique est impactée, nos parcs photovoltaïques et éoliens viennent compenser et démontrer l’utilité et la solidité de ce mix énergétique eau-vent-soleil. Cette combinaison « gagnante » permet également d’agir concrètement sur la flexibilité énergétique et de délivrer une électricité 100 % renouvelable en ligne avec les besoins et usages des Français.
Côté navigation, alors que le Rhin affiche cet été des niveaux historiquement bas (à peine 27 centimètres relevés, contre 140 centimètres habituellement) obligeant les opérateurs à réduire le nombre de navires sillonnant ce fleuve, le fleuve Rhône quant à lui reste pleinement navigable, avec un niveau d’eau garanti de 3 mètres toute l’année sur l’ensemble du linéaire.
Se mobiliser contre les incendies
En plus de ses trois missions historiques, le Rhône joue également un rôle clé dans la lutte contre les incendies. CNR a en effet identifié des zones d’écopage le long du fleuve, permettant aux canadairs de puiser l’eau nécessaire à leurs interventions. Une gestion fine de la ressource en eau qui a permis de lutter efficacement contre les feux observés dans le sud de la France cet été. Un engagement en ligne avec l’ADN de CNR, qui œuvre pour l’intérêt général.
Rester vigilant aux abords du Rhône, même en période de sécheresse
Et parce que les canicules riment avec un besoin accru de la population de se rafraîchir, le Rhône n’échappe pas aux baignades intempestives, bien que qu’elles soient interdites hors des zones aménagées. 400 comportements à risques à proximité des barrages hydroélectriques ont ainsi été enregistrés par CNR au cours des 10 dernières années.
La priorité pour CNR est donc de rappeler, que même en période de sécheresse, s’aventurer dans le lit du fleuve comporte des risques. Les courants, les variations soudaines de débit et les ouvrages font en effet du fleuve, un environnement dangereux.
Pour répondre à cet impératif de sécurité, CNR déploie sa campagne de prévention annuelle. En plus des 500 panneaux disséminés sur les berges du fleuve, des chargés de prévention vont à la rencontre des usagers pour les sensibiliser et le site cnr-preventionrhone.fr met en avant les risques encourus aux abords du Rhône. Car la vigilance des usagers reste le premier rempart contre le danger, notamment dans les tronçons du Rhône dit « naturel », à l’aval des barrages, qui peuvent encore plus inciter à la baignade lorsque les températures sont élevées.
Nous le savons. Les épisodes de canicule et de sécheresse ont vocation à devenir de plus en plus courants à l’avenir avec l’impact du réchauffement climatique. Mais le même dérèglement climatique qui assèche aujourd’hui les fleuves, pourrait les mettre sous tension par de futurs épisodes de crues plus intenses. Sécheresses et fortes hydraulicités devraient donc se succéder, avec des variations de débit de plus en plus marquées au fil des années.
Pour le Rhône, anticiper et piloter la ressource en eau du fleuve, reste la priorité de CNR. C’est dans cet esprit qu’un centre de supervision de la ressource en eau est actuellement à l’étude. Son objectif : disposer d’une vision globale des prélèvements et des disponibilités en eau, afin de mieux outiller l’ensemble des acteurs dans le partage de cette ressource commune, les investissements à engager et les décisions à prendre. A suivre…