L’exposition plonge le visiteur au cœur de l’un des plus grands fleuves européens, qui relie les Alpes suisses à la Méditerranée sur plus de 800 km. Cette itinérance photographique permet de découvrir la variété des aménagements réalisés par CNR sur le Rhône depuis près d’un siècle, pour faire de cette ressource, à la fois puissante et fragile, un levier de transition énergétique et de développement économique, tout en préservant ses écosystèmes.
Développement des énergies renouvelables, valorisation du transport fluvial, transition vers une agriculture durable, restauration des milieux naturels : les missions de CNR se déclinent à travers les clichés de Camille Moirenc, et entrent en résonance avec les défis stratégiques de l’Union européenne.
Le Rhône, un modèle de gestion multi-usages de l’eau unique en Europe
Aménageur du Rhône depuis 1934, CNR est garante d’un modèle de gestion intégré de la ressource en eau reposant sur des missions indissociables : produire de l’hydroélectricité, développer la navigation fluviale, contribuer à l’irrigation agricole, tout en veillant à préserver les milieux aquatiques et la biodiversité. La force de ce modèle de concession intégré, unique en Europe, a été reconnue au travers de l’accord de principe trouvé à l’été 2025 entre la France et la Commission européenne pour solder le contentieux qui les opposent sur le régime juridique des concessions hydroélectriques françaises.
En effet, la concession d’aménagement de CNR n’est pour l’heure pas concernée par le changement de régime juridique prévu dans la proposition de loi relative à la relance des investissements dans le secteur de l’hydroélectricité. Adopté à l’Assemblée nationale le 6 février dernier et examiné prochainement au Sénat, l’article 14 de ce texte conforte le
prolongement de la concession de CNR jusqu’en 2041, dans les conditions prévues par la loi d’aménagement du Rhône du 28 février 2022, eu égard à son statut singulier.
Une contribution renforcée sur la gestion et le partage de la ressource en eau
Sous l’effet du changement climatique, l’intensification des sécheresses estivales et l’amplification de la variabilité saisonnière des débits dans les cours d’eau font de la gestion et du partage de l’eau des enjeux stratégiques majeurs. En s’appuyant sur son expertise reconnue dans la gestion des différents usages de l’eau, CNR déploie plusieurs actions concrètes qui s’inscrivent dans la stratégie pour la résilience de l’eau lancée par la Commission européenne.
Dernière en date, le lancement en 2026 d’une étude de préfiguration d’un centre de supervision de la ressource en eau. Ce centre a vocation à proposer une vision en quasi-temps réel sur l’eau disponible, les prélèvements dans le Rhône et sa nappe alluviale. Il constituerait ainsi un outil d’aide à la décision pour les pouvoirs publics et les parties prenantes de la vallée du Rhône (industriels, agriculteurs, collectivités locales) sur la répartition et la gestion quantitative de la ressource.
CNR a également joué un rôle précurseur en matière de restauration écologique à l’échelle d’un fleuve. Les travaux déployés par CNR depuis 2004 pour favoriser la libre circulation du Rhône dans ses bras secondaires (les lônes) et réhabiliter ses zones humides figurent parmi les plus ambitieux au monde. Plus de 120 kilomètres de cours d’eau ont été restaurés ces 20 dernières années entre la frontière suisse et la Méditerranée, pour un investissement total de plus de 85 millions d’euros.
« L’eau est la matière première de CNR. L’exposition photographique présentée au Parlement
européen invite à regarder le fleuve comme une ressource vitale à préserver, mais aussi
comme un atout stratégique pour l’avenir de l’Europe. Une artère productrice d’énergie
renouvelable, nourricière pour notre agriculture, fiable et bas carbone pour le transport de
marchandises. Partager la singularité du Rhône, c’est ouvrir la voie à d’autres modèles de
gestion intégrée des fleuves en Europe. »
Laurence Borie-Bancel, Présidente de CNR