Les six nouvelles petites centrales hydroélectriques (PCH) seront implantées à Saint-Vallier, Bourg-lès-Valence, Donzère-Mondragon, Caderousse, Beauchastel et Charmes. Grâce à la valorisation d’une partie du débit réservé aujourd’hui aux Vieux-Rhône, elles permettront d’augmenter la production d’hydroélectricité de +228 GWh/an en année hydrologique moyenne, correspondant à la consommation d’environ 150 000 habitants.
Sur chaque site, une passe à poissons (PAP) sera créée afin de restaurer la continuité piscicole du fleuve, un enjeu essentiel pour les espèces migratrices et la biodiversité.
Ces investissements d’environ 165 M€ prolongent les travaux déjà réalisés avec succès sur les barrages de Rochemaure (2015) et du Pouzin (2017).
CNR, garant de la conciliation entre performance énergétique et restauration écologique
Les PCH : une production renouvelable au plus près du fleuve
Les petites centrales hydroélectriques utilisent la force motrice et le débit du Rhône pour produire une énergie renouvelable et décarbonée. Construites au droit des barrages existants, elles relient le canal navigable et le Vieux-Rhône : une partie du débit destiné au bras naturel est ainsi turbinée puis restituée au fleuve.
Ces ouvrages ont été conçus pour répondre aux besoins énergétiques des territoires tout en limitant leur empreinte environnementale. Leur architecture s’adapte aux contraintes locales, à la configuration des barrages et aux usages existants. Elles contribuent à sécuriser un approvisionnement énergétique durable.
Restaurer la continuité piscicole grâce aux PAP
Les passes à poissons associées aux PCH constituent un volet majeur du programme. Elles permettent aux espèces piscicoles — notamment les grands migrateurs tels que la lamproie, l’anguille et l’alose — de contourner les barrages.
Ces ouvrages prennent la forme d’un escalier d’eau composé de dizaines de bassins successifs. Une attraction hydraulique de 3 m³/s guide les poissons vers l’entrée de la passe et facilite leur remontée. Chaque PAP est conçu pour permettre également la descente des poissons, assurant ainsi la reconstitution des cycles biologiques.
Avec ces aménagements, CNR poursuit un travail engagé depuis plusieurs décennies pour reconnecter les habitats naturels du Rhône et favoriser le retour des espèces.
Un programme d’investissement structurant pour le territoire
Zoom sur la PCH de Caderousse
La petite centrale hydroélectrique de Caderousse fournira une puissance d’environ 7 500 kW, grâce à deux groupes hydroélectriques équipés de turbines Kaplan de 2,9 mètres de diamètre. Le dispositif permettra de turbiner 78 m³/s, pour une production annuelle estimée à 45 GWh, soit l’équivalent de la consommation de plus de 20 000 habitants.
La passe à poissons associée présentera un dénivelé de 9 mètres et 55 marches de 17 cm, permettant le franchissement des grands migrateurs ainsi que d’une quarantaine d’espèces présentes dans le secteur, notamment l’apron.
L’implantation en rive gauche, conforme à la réglementation, au plus près de l’aval du barrage de Caderousse, garantit la circulation pendant les travaux et minimise les contraintes locales.
Ce projet représente un budget de 45 M€. Il nécessitera 4 ans de travaux, de 2026 à 2030, comprenant :
- le creusement et la fondation des ouvrages,
- le génie civil,
- le montage des groupes hydroélectriques,
- le raccordement au réseau ENEDIS,
- la phase d’essais jusqu’à la mise en service.
Zoom sur la PCH de Donzère
La petite centrale hydroélectrique de Donzère développera une puissance d’environ 8 400 kW, grâce à deux groupes hydroélectriques équipés de turbines Kaplan de 3,1 mètres de diamètre. Avec un débit turbiné de 100 m³/s, l’installation produira 44 GWh/an, soit l’équivalent de la consommation électrique de plus de 20 000 habitants.
Une passe à poissons de 8,5 mètres de dénivelé total et 55 marches de 15 cm permettra le franchissement des grands migrateurs et à une quarantaine d’autres espèces de remonter le Rhône.
L’implantation sur la rive gauche a été retenue afin de limiter les contraintes sur la route départementale RD 93 et de réduire l’impact sur l’environnement.
Le budget estimatif du projet s’élève à 52 M€, pour 5 années de travaux (2026–2031) comprenant :
- le creusement et la fondation des ouvrages,
- la déviation de la RD 93,
- la réalisation du génie civil,
- l’installation des groupes hydroélectriques,
- le raccordement ENEDIS et la mise en service.